Actualités

La pénurie d’adresses IPV4 s’est accélérée

L’IPV4, pour Internet Protocol version 4, est utilisé depuis 1983 pour permettre à internet de fonctionner : chaque terminal sur le réseau internet (ordinateur, téléphone, serveur etc.) est adressable par une adresse IPV4. Le protocole IPV4 offre un espace d’adressage de près de 4,3 milliards d’adresses IPV4. Or, le succès d’internet, la diversité des usages et la multiplication des objets connectés ont comme conséquence directe l’épuisement progressif des adresses IPV4, certaines régions du monde étant touchées plus que d’autres. Les quatre principaux opérateurs français (Bouygues Telecom, Free, Orange, SFR) ont déjà affecté entre 88% et 99% des adresses IPV4 qu’ils possèdent, à fin juin 2018.

Historique d’attribution des adresses IPV4

Au 25 novembre 2019, le RIPE NCC a annoncé la pénurie d’IPv4, après avoir effectué sa dernière attribution /22 IPv4 à partir des dernières adresses restantes. « Nous sommes maintenant à court d’adresses IPv4. »

Une liste d’attente existe permettant de récupérer des adresses IPv4 rendues au RIPE NCC, mais peu d’adresses le sont. Le RIPE NCC explique que ces petites attributions ne pourront pas répondre au besoins d’adresses IPv4 dont les réseaux ont besoin aujourd’hui.

Internet ne cessera pas de fonctionner, mais il cessera de grandir. La transition vers IPv6 est une nécessité vitale.

Le RIPE NCC a indiqué : « Sans déploiement IPV6 à grande échelle, nous risquons de nous engager dans un avenir où la croissance de notre Internet sera inutilement limitée – pas par manque d’ingénieurs réseau qualifiés, d’équipements techniques ou d’investissement – mais par une pénurie d’identificateurs de réseau uniques. Le chemin à parcourir est encore long et nous appelons toutes les parties prenantes à jouer leur rôle en soutenant le déploiement d’IPV6. »

Quelle conséquences de l’épuisement des IPv4 du RIPE-NCC ?

Le prix des IPV4 sur le marché secondaire de l’achat des adresses IPV4 déjà allouées, par lequel des acteurs qui ont trop d’adresses IPV4 les vendent à ceux qui n’en ont pas du tout ou pas assez, devrait considérablement croître, du fait d’une demande plus forte, pour une offre de plus en plus faible.

La ressource IPV4 devenant de plus en plus rare (plus d’acheteurs d’IPv4 et moins de vendeurs), le prix des adresses devrait s’envoler en fonction de l’offre et de la demande.

Ce prix élevé est susceptible d’ériger une barrière à l’entrée significative à l’encontre des nouveaux acteurs du marché et augmentera le risque de voir se développer un internet scindé en deux, IPV4 d’un côté et IPV6 de l’autre, comme l’explique Jérémy Martin, Directeur Technique de Firstheberg.com : « Avec une demande croissante pour un nombre d’IPV4 fixes, le coût de location d’une IPV4 va doubler d’ici à 2 ans. »

Quelles seraient les conséquences éventuelles d’une pénurie d’IPv4 chez les opérateurs ?

Pour répondre à la pénurie des adresses IPv4, certains mécanismes de substitution ont été mis en place par des FAI. Les équipements Carrier-grade NAT (CGN) permettent par exemple partager une adresse IPv4 entre plusieurs clients. Cependant, ils entrainent aussi avec eux plusieurs effets négatifs qui rendent complexe le maintien d’IPv4 et quasi impossible un certain nombre usages comme le pair-à-pair (ou peer-to-peer), l’accès à distance à des fichiers partagés sur un NAS (serveur de stockage en réseau) ou à des systèmes de contrôle de maison connectée, certains jeux en réseau, etc.

Selon Gregory Mounier, d’Europol, « porte ainsi atteinte à la vie privée de nombreuses personnes qui pourraient être citées en procédure alors même que les enquêteurs ne s’intéressent qu’à un seul suspect. Dans ce contexte, seule une transition quasi-totale à l’IPV6 peut constituer une réponse pérenne à ce problème. »

Laisser un commentaire